Les créatifs et les cartes mentales (MindMaps)


Si cet article s'adresse en priorité aux auteurs, il ne s'y limite pas du tout : toute personne ayant besoin d'ordonner ses idées selon une structure et souhaitant s'y retrouver le plus rapidement possible peut en tirer profit.

Pour un auteur, les avantages et le principe des cartes mentales sont lumineux : aux grosses branches les grandes parties (les actes), aux sous-branches les scènes ou séquences (voire des mouvements dramatiques eux-mêmes subdivisés en séquences). L'ensemble peut être présenté sous diverses formes, la plus classiques étant la forme horaire, ou radiale, ou en étoile. Non seulement l'accès à une scène est direct, mais sa position, donc l'équilibre du film est visible d'emblée.

Voici la carte mentale du film "Retour Vers le Futur" :



On peut évidemment faire la même chose avec un papier et un crayon :


Certains outils permettent (ou permettaient, car ça change en ce moment, j'y reviendrai dans un prochain article) d'aller très loin et de quasiment écrire l'ensemble du script dans le logiciel de Mind Mapping. D'autres (il y en a beaucoup) permettent de créer le schéma général, puis de saisir l'intitulé et le résumé de chaque scène (plus des illustrations, symboles et étiquettes), leur attribuer une couleur, une forme particulière, etc.

Cette attribution de couleurs et formes est une des fonctions les plus utiles et le plus souvent inutilisées, je n'ai jamais compris pourquoi. Grosso modo, il y a 3 grandes façons de colorier les branches dans une histoire : par Intrigue (ou Personnage, c'est plus ou moins pareil), par Intensité, ou par Registre.


Le plus souvent, on se souvient de l'intensité, et le registre est généralement homogène. Ici, dans l'exemple ci-dessus (purement inventé), un mélange de deux types : le héros masculin est en bleu ciel, l'héroïne est en rose, lorsqu'ils sont ensemble, c'est en violet. Le vieux marin est en marron. On est donc dans un classement par héros/intrigues. Mais il y a aussi la branche rouge, qui, elle, représente un pivot dramatique, une scène structurellement clef.

En réalité, l'idéal serait de pouvoir cliquer sur un bouton et visualiser le plan selon des critères de couleurs différents : je pourrais voir le classement couleurs par personnages, ou, d'un clic, par intensité, ou bien par registre (romantique, grossier, informatif, etc). On peut aussi, comme on le voit dans l'exemple, donner des formes différentes aux scènes, selon qu'elles sont importantes ou secondaires, par exemple.

Comme le montre l'icône d'un texte à côté de chaque branche, on peut détailler chaque scène, depuis quelques lignes à plusieurs pages. On peut ensuite exporter le document vers un traitement de texte, voire un logiciel d'écriture professionnel, comme Final Draft, libeller les intitulés de séquences, et dialoguer.

Les logiciels payants offrent l'export direct vers le traitement de texte, les gratuits sont plus chiches, mais contourner par l'astuce ces limitations est tout à fait possible. Ce sera le sujet d'un prochain article.

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